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Vivre et travailler dans un pays du Sud

28. Dezember 2013 ·

Info WBS 1, März 2014
Rosemarie Fournier (Text)


Quitter la Suisse pendant plusieurs années, laisser travail, maison, famille, amis… Drôle d’idée, non? Et pourquoi pas? L’envie de découvrir un autre pays, une autre culture, une nouvelle langue. Curiosité, esprit d’aventure, défi… Tout cela m’a amenée à me lancer dans la coopération au développement en tant que bibliothécaire.

L’association E-CHANGER   m’a engagée pour un premier projet en Amérique latine. J’ai démissionné de mon poste de responsable des services au public de la Médiathèque Valais et je me suis envolée pour la Bolivie en automne 2000.

J’y ai travaillé trois ans dans des petites bibliothèques et des centres de documentation. L’idée était à chaque fois de donner une formation de base au personnel et d’apporter des idées simples d’organisation des collections. J’ai compris très vite ce que signifie „pays en voie de développement“: bibliothèques vétustes et mal dotées en documents, personnel non formé, absence de budget, locaux à la limite de la salubrité… En Bolivie, les livres sont très chers en relation avec le pouvoir d’achat de la population. Les collections sont obsolètes et en mauvais état et la photocopie est la règle. Un exemple: les livres ne se prêtent pas à domicile ou alors de manière très restreinte. Si un livre n’est pas rendu, son prix est retenu sur le salaire du personnel. Je me souviens aussi de cette responsable d’une bibliothèque municipale à qui j’avais demandé à emprunter un ouvrage: „Mais, madame, c’est absolument impossible! Si je vous le prête, il ne sera plus là pour d’autres lecteurs!“ Argument imparable…

A la fin de mon contrat en Bolivie, E-CHANGER m’a proposé un autre projet au Nicaragua. J’ai ainsi travaillé deux ans à l’Université Centroaméricaine de Managua, plus précisément à la bibliothèque et centre d’archives de l’Institut d’Histoire du Nicaragua et d’Amérique centrale. La formation de bibliothécaire n’existait nulle part dans le pays et la douzaine de personnes employées à la bibliothèque – toutes licenciées universitaires – n’avaient aucune formation en bibliothéconomie. J’ai donc partagé mon temps entre cours professionnels de base et appui à chaque secteur: acquisitions, catalogage, indexation, service de périodiques, archives…

Ces années ont été d’une richesse incroyable. J’ai tellement appris! Travailler dans une bibliothèque suisse, avec le luxe d’une technologie de pointe, avec des budgets plus que confortables, avec l’assurance d’un salaire correct… et se retrouver dans un environnement souvent précaire, avec des coupures d’électricité chroniques, des grèves de transports publics, une sécurité parfois menacée…

Le plus difficile: s’adapter à un rythme de vie totalement différent. Un projet mené à bien en quelques semaines en Suisse prendra plusieurs mois là-bas. Il faut aussi apprendre à travailler avec des bouts de ficelle et improviser. Les ouvrages de bibliothéconomie sont très rares. Les échanges avec mon ancienne bibliothèque en Suisse ont été fréquents et profitables!

Mes collègues, tant en Bolivie qu’au Nicaragua, m’ont accueillie à bras ouverts, avec chaleur et amitié. Je suis encore en contact avec certains d’entre eux. A ma dernière visite au Nicaragua en 2011, la directrice de la bibliothèque était très fière de m’expliquer le rayon libre-accès des ouvrages de références en salle de lecture (alors que tout le reste de la collection est en magasin). Elle avait oublié que c’était moi qui avais mis en place ce service durant mes derniers mois de travail. Quel plus beau compliment?

Ces années passées à exercer mon métier de bibliothécaire autrement m’ont permis d’acquérir des compétences très variées. Au niveau purement professionnel, j’ai parfois eu l’impression de remonter le temps: catalogues sur fiches, magasins fermés, prêts extrêmement limités…J’ai admiré l’ingéniosité avec laquelle on peut faire du très bon travail avec peu de moyens.

Je suis rentrée en 2007 avec une autre approche de ma profession. Je relativise et ne cherche plus la perfection à tout prix. J’apprécie chaque jour de travailler avec des outils efficaces et dans un système qui fonctionne. Même si la qualité de vie est moins bonne ici que „là-bas“ où la chaleur humaine prime sur tout le reste et rend la vie plus douce. Travailler dans un pays du Sud est une vraie école de vie, une formation continue à plein temps. On en revient changé, grandi et… prêt à repartir!

Auteur:
Rosemarie Fournier (rosemarie.fournier@iukb.ch)
Institut Universitaire Kurt Bösch

E-CHANGER est une association suisse de coopération par l’échange de personnes. A travers les compétences techniques, sociales et humaines des volontaires, elle appuie, depuis plus de 50 ans, des partenaires en Amérique latine et en Afrique.

L’échange de personnes est caractérisé par des affectations de longue durée de volontaires suisses ou locaux dans le Sud, ainsi que par des échanges Sud-Sud et Sud-Nord. Toutes ces formes d’échanges s’inscrivent logo-bmi-frdans un contexte de coopération au développement durable, avec des partenaires dont l’objectif est de favoriser des processus de changement. Changement, d’une part vers des conditions socio-économiques égalitaires au niveau des pays du Sud et d’autre part vers une conception des relations Nord-Sud égalitaires au niveau des populations du Nord.
Plus d’informations: www.e-changer.ch

 

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